Rayons vides et salariés sacrifiés au Carrefour Contact de Saint-Michel

Un client s’étonne en découvrant les rayons vides du Carrefour Contact de Saint-Michel-sur-Ternoise : « Je cherche des croquettes pour chien. » « Il ne nous reste que de la litière et une boîte de pâté pour chien », répond une employée. L’acheteur tourne les talons et repart, cabas vide, comme la plupart des clients ce mercredi matin. Les dernières marchandises ont été regroupées dans la moitié d’un rayon : Carrefour Contact liquide ses derniers stocks avant la fermeture définitive qui interviendra samedi.

« On accueillait beaucoup de personnes âgées, c’était un magasin de proximité »

Du côté des employés, c’est la résignation et l’abattement devant les rayons vides. Les sept salariés de Saint-Michel-sur-Ternoise font partie des quelque deux mille personnes concernées par le plan social lancé par le groupe. Leur avenir est incertain et peu rassurant. Une salariée ricane quand on lui parle de reclassement, mais elle et ses collègues n’osent s’exprimer ouvertement sur leur situation. Beaucoup étaient déjà employés dans ce magasin lorsque Carrefour a racheté l’enseigne Dia. Les plus anciens, qui affichent une quinzaine d’années d’ancienneté, ont connu l’enseigne Ed et même Penny Market. Cette fois, ils vont devoir quitter le site de Saint-Michel, aucun repreneur ne s’étant présenté malgré les efforts de la municipalité pour trouver une solution. « On accueillait beaucoup de personnes âgées, c’était un magasin de proximité », souligne une salariée. Sa collègue précise n’avoir reçu aucune proposition de reclassement dans le cadre du plan social : « Pour l’instant, nous ne sommes au courant de rien. Les propositions doivent arriver par la suite. »

« Quand on voit son outil de travail dans cet état, ça fait mal au cœur »

Une délégation de la CGT de Carrefour est venue, mercredi matin, pour tracter auprès des quelques clients et soutenir les salariés en place : « Ils doivent s’inscrire sur le site « Envie de bouger » mis en place par Carrefour pour trouver un nouveau poste, et le reclassement a été confié à un cabinet extérieur. Dans les magasins, on recrute des contrats pro et des stagiaires, alors qu’il y a des personnes à reclasser », explique une syndicaliste, arborant un autocollant « Carrefour Contact partenaire officiel de Pôle Emploi ». « Les Carrefour Contact sont des magasins de proximité. Ils sont viables, mais ils ne rapportent plus assez aux actionnaires », estime Didier Josien, délégué du personnel pour la CGT. Son camarade se désole devant les rayons vides : « C’est d’une tristesse absolue. Quand on est du métier et qu’on voit son outil de travail dans cet état, ça fait mal au cœur. » Résignés, les salariés du Carrefour Contact préfèrent penser à l’avenir : « Vous pouvez dire que nous sommes disponibles. On étudie toutes les propositions, en secrétariat, en usine… mais plus chez Carrefour. »

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