Évolution du climat : il n’est pas encore trop tard, mais on est mal barrés


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« Il y a cinquante ans, le rapport de Rome annonçait déjà le changement climatique. J’avais seize ans et j’étais au courant, même dans mon petit village du Ternois. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas », se souvient Thierry. En effet, un demi-siècle plus tard, la situation n’a cessé de se dégrader selon la première partie de son sixième rapport du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – GIEC. Il s’agit de « l’avertissement le plus sévère jamais lancé sur le fait que le comportement humain accélère de manière alarmante le réchauffement climatique », selon le président de la COP26, Alok Sharma. Le rapport totalise près de quatre mille pages, en anglais, mais les grandes lignes ont été réunies dans un communiqué de presse, concis mais éloquent : « Nombre des changements relevés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains phénomènes déjà en cours – comme l’élévation continue du niveau de la mer – sont irréversibles sur des centaines ou des milliers d’années. »

« À moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5°C, ou même à 2°C, sera hors de portée. »

Le GIEC est alarmiste mais estime qu’il reste une petite chance de limiter la casse : « Des réductions fortes et soutenues des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre limiteraient le changement climatique. Alors que la qualité de l’air en bénéficierait rapidement, la stabilisation des températures mondiales pourrait prendre vingt à trente ans. » Ainsi, il semble illusoire de croire encore aux objectifs de l’accord de Paris, qui visait à limiter à moins de 2°C (idéalement moins de 1,5°C) le réchauffement global, et ce seuil pourrait être dépassé très rapidement, dès 2030 selon certains scénarios : « À moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5°C, ou même à 2°C, sera hors de portée. » Évidemment, les conséquences seront mondiales, mais il est déjà possible d’imaginer comment le changement climatique pourrait impacter notre quotidien dans le Ternois :  « Dans le cas d’un réchauffement planétaire de 1,5°C, les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes. Avec une hausse de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindraient plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé publique. »

« Des pluies plus intenses, avec les inondations qui les accompagnent, et des sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions. »

Le rapport du GIEC donne quelques exemples des catastrophes à venir pour notre région : « Le changement climatique intensifie le cycle de l’eau. Cela apporte des pluies plus intenses, avec les inondations qui les accompagnent, et des sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions.  Il est probable que les précipitations augmenteront aux hautes latitudes. » Bref, on est mal barrés, néanmoins, Panmao Zhai, coprésident du Groupe de travail du GIEC, entretient un maigre espoir : « Il faudra, pour stabiliser le climat, procéder à des réductions fortes, rapides et soutenues des émissions de gaz à effet de serre et ramener à zéro les émissions nettes de CO2. La limitation des autres gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques, en particulier le méthane, pourrait être bénéfique pour la santé publique comme pour le climat. » Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?


Rapport complet du GIEC (en anglais) :
https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/#FullReport
Atlas interactif avec les données du GIEC :
https://interactive-atlas.ipcc.ch/



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