« Quand on voit un gosse dans un fossé, on devrait spontanément intervenir »


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L’accueil de migrants fait aujourd’hui débat à Nédonchel, comme à Troisvaux depuis quelques mois. À quelques kilomètres de l’abbaye de Belval, le maire de Conteville est un fervent défenseur des réfugiés : « La question n’est pas de savoir ce qu’on va faire d’eux. Il faut d’abord sauver les êtres humains. La priorité est d’apporter de l’aide et des conditions dignes. Sinon, où est l’humanité ? Quand on voit un gosse dans un fossé, on devrait spontanément intervenir. » Le maire de Conteville et son épouse se sont engagées dans l’aide aux migrants dès 2001, lors du déclenchement de la guerre en Afghanistan, pour soutenir un peuple qu’ils ont découvert lors de leurs voyages : « L’Afghanistan est la plus belle région que nous avons visitée, mais on n’aime pas un pays pour ses paysages : son âme, ce sont ses habitants. Dans toutes les communautés que nous avons visitées, nous avons été accueillis formidablement, comme si nous étions de la famille. Nous avons une dette envers eux. »

Jacqueline Habert a bien connu l’abbaye de Belval lorsque les religieuses l’occupaient encore et y a organisé une exposition sur l’Afghanistan pour mieux faire connaître ses habitants : « J’ai fait un scandale à Belval suite à l’attentat du 11 septembre : les sœurs avaient annoncé qu’elles allaient prier pour les Américains, mais je leur ai dit de ne pas oublier les Afghans qui ne sont pas tous des Talibans. Elles m’ont dit qu’elles prieraient aussi pour eux. » Lorsque les populations afghanes ont commencé à fuir les bombes et à arriver sur nos terres, Jean-Claude et Jacqueline Habert ont naturellement apporté leur soutien : «Nous sommes allés à Calais, sur le camp de Norrent-Fontes et surtout sur celui de Tatinghem, où on emmenait les migrants pour qu’ils puissent se doucher, raconte Jacqueline Habert. Ils étaient des dizaines à vivre dans un fossé, on n’y aurait pas laissé un chien. Quand on les voyait dans leur trou à rat, j’en pleurais. La police aux frontières a tout brûlé, détruit le peu de choses qu’ils avaient. Ils ont tout perdu. »

« Un monastère, c’est fait pour accueillir la misère du monde »

Si l’arrivée des migrants à l’abbaye a provoqué des réactions hostiles dans le village de Conteville, le maire n’a pas varié de ses positions humanistes : « Nous avons entendu parler d’une pétition, mais les habitants ne viennent pas se plaindre ici. Des gens disent parfois des choses un peu excessives, j’en ai encore remis un en place, récemment. Tant pis si on ne se fait pas que des amis. » Jean-Claude Habert met en avant le devoir d’humanité envers ces réfugiés : « Personne ne se rappelle l’exode de 1940. Quand Saint-Pol a été bombardée, les habitants sont venus se réfugier à Conteville. C’est exactement la même chose : c’est la guerre, les bombes leur tombent dessus et ils se sauvent. Dans la même situation, nous en ferions autant. On ne fait pas d’angélisme, ils ne sont pas meilleurs que nous, mais on n’a pas attendu les migrants pour que des gens se fassent voler ou agresser. Il n’est pas impossible qu’il y ait des djihadistes parmi eux, mais ce n’est pas parce qu’il y en a un qu’on va refouler dix mille personnes.»

Pour Jacqueline Habert, la vocation de l’abbaye est justement l’accueil : « L’arrivée de migrants à Belval, c’est la bonne nouvelle de l’année. Je suis contente qu’ils soient dans un monastère : c’est fait pour ça, accueillir la misère du monde. Il y a de quoi les loger à Belval et s’il n’y a pas de place, on en fait. C’est leur boulot, aux curés, aux moines, d’accueillir les malheureux. Si on n’est pas révolté contre ces situations, je ne vois pas pour quoi on le serait.»

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