Petits mégots, grandes conséquences

Un geste banal et quotidien pour beaucoup, mais crucial et loin d’être anodin pour tous, humains comme gobelins : jeter son mégot de cigarette n’importe où, sauf dans une poubelle, est un geste qui coûte cher, surtout quand on voit la fréquence de cet acte irréfléchi. Ce sont plus de 20 000 tonnes d’irrespect négligemment jeté par an en France et, contrairement à l’idée reçue, le mégot de cigarette n’est pas biodégradable. Il est composé d’acétate de cellulose, un plastique renfermant plus de 8 000 substances toxiques et qui requiert jusqu’à 15 ans pour se dégrader dans la nature. Si un seul mégot se retrouve à l’eau – pensons à ce que les pluies des semaines précédentes ont emporté dans nos fleuves et nos rivières – il contamine 500 litres d’eau. Combien de fois avons-nous entendu – ou dit – qu’on pouvait jeter les mégots sur la terrasse, devant le bar ou devant le restaurant, puisque quelqu’un les balayait dans la soirée ? Cette réponse irréfléchie n’est aujourd’hui plus valable.

« En Allemagne, si on nous prenait à jeter un mégot, c’était une nuit en prison »

Au-delà du problème de santé et de protection de l’environnement, c’est aussi une question économique : contrairement aux fabricants de meubles, de bouteilles ou d’emballages par exemple, les industriels du tabac n’ont cure du principe de « pollueur-payeur » en ce qui concerne la pollution engendrée par leur produit. Ce sont les impôts locaux qui permettent de financer le ramassage et le nettoyage des déchets produits par les fumeurs. Autrement dit, on nous enfume de tous les côtés. « Ce n’est pas normal. Les gens ne sont pas civilisés et les communes ne peuvent pas verbaliser », déclare une employée de mairie que le sujet révolte. « Je vais être grossier : c’est dégueulasse. C’est un manque de respect. Moi, quand je ne vois pas de cendriers ou de poubelles, je les mets dans ma poche et je les jette une fois rentré chez moi », précise un habitant du Ternois. « Quand j’ai fait mon service en Allemagne, si on nous prenait à jeter un mégot par terre ou à cracher, c’était une nuit en prison », ajoute-t-il.

Des petites solutions qui ne coûtent pas un rond

Beaucoup de Ternésiens sont du même avis : il s’agit d’un manque de responsabilité et de civilité. Pourtant, les solutions ne manquent pas. On peut glisser son mégot dans une poche ou dans son paquet de cigarettes pour le jeter plus tard chez soi. On peut faire quelques pas et le déposer dans une poubelle. On peut aussi se procurer un cendrier de poche, un outil utile et passe-partout. Solution radicale et diablement efficace : arrêter de fumer. Dans tous les cas, ce geste qui passe inaperçu pour beaucoup n’a rien d’inoffensif et représente un problème d’indifférence à notre environnement qu’il serait bon de modifier.

Tous les détails sur la fiche du ministère de la Transition écologique et solidaire.

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