« Notre territoire copie les autres sans tirer les leçons des erreurs du passé »

Après avoir reçu l’invitation à l’inauguration du centre Leclerc, Mickaël Poillion est consterné : « L’invitation m’a été envoyée par la communauté de communes qui n’en fait pas de même pour tous ceux qui s’installent sur le territoire. Si la politique se résume à faire venir un centre Leclerc, c’est que ça ne va vraiment pas. Un centre commercial n’a jamais été un indicateur de bonne santé économique. » Converti à l’agriculture biologique et aux circuits courts, le paysan revendiqué regrette que les pontes du territoire fassent un pont d’or à un projet d’un autre âge : « Le modèle de la grande distribution est dépassé mais le Ternois vit tout avec vingt-cinq ans de retard. Quand Leclerc arrive dans un territoire sinistré, on a l’impression que c’est le sauveur, mais c’est en fait le résultat de trente ans de non-politique dans le Ternois. Notre territoire copie les autres sans tirer les leçons des erreurs du passé.» Le maire d’Héricourt cite ainsi l’exemple dramatique de nos voisins de Bruay où la zone commerciale a aspiré toutes les activités, laissant un centre-ville désaffecté. « Certains territoires ont su résister. Ici, on applique des méthodes obsolètes parce qu’on n’a pas de projet : pendant trente ans, rien n’a été fait pour créer une dynamique. On empile des infrastructures mais sans produire quoi que ce soit parce qu’on ne donne pas de sens. Notre territoire n’a pas d’identité car il n’a pas de projet. A Tincques, l’Atrébatie a su créer une zone d’activité autour d’un vrai projet cohérent. C’est le résultat de dix ans d’investissements qui ont permis de créer une dynamique et une identité. »

« La principale difficulté en matière d’emploi, c’est la mobilité des jeunes »

L’argument principal mis en avant par les partisans de l’ouverture du centre Leclerc est la création d’emplois : une centaine est annoncée d’ici trois ans. Là encore, Mickaël Poillion reste sceptique : « Ouvrir un Leclerc ou un McDo, ça crée des emplois sur le moment. Je suis content pour les quelques dizaines de personnes qui vont trouver du travail, mais combien de centaines ont perdu leurs emplois ces dernières années ? A force de ne rien faire durant trente ans, la moindre initiative crée des emplois, mais il faut regarder aussi combien ont été détruits. Les élus ont besoin de montrer qu’ils créent des emplois, mais dans quel état sera le territoire dans vingt ou trente ans ? L’ouverture de Leclerc ne va rien apporter. Les clients vont se déporter vers le nouveau magasin, mais ils ne seront pas plus nombreux. La principale difficulté en matière d’emploi, c’est la mobilité des jeunes. C’est là-dessus que nous devons travailler en priorité. La fermeture de la ligne St-Pol-Etaples ne va pas arranger la situation.»

« Il est urgent de se poser la question de l’avenir du Ternois. »

S’il a perdu une partie de ses illusions et fait les frais de son entrée en politique, Mickaël Poillion n’est pas résigné pour autant et souhaite porter une autre vision pour le territoire, même s’il sait qu’il ne se fera pas que des amis. « Dans le Ternois, on ne prépare pas l’avenir, on gère le quotidien. Les élus préfèrent s’occuper de la sécurité, de l’eau et des poubelles, mais oublient les enjeux économiques, le développement rural, culturel et éducatif. On peut choisir de se voiler la face, mais j’ai l’impression que le Ternois ne se porte pas très bien. Il faut imaginer autre chose. Il n’est pas trop tard mais il est urgent de se poser la question de l’avenir du Ternois. »

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