Les gilets jaunes ne décolèrent pas et s’installent au rond-point de Grandcamp


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« On n’a pas mis de fenêtres, sinon on aurait dû payer des impôts », rigole Dominique. Ce mardi matin, au rond-point de Grandcamp, les gilets jaunes du Ternois ont quelque peu délaissé les opérations de filtrage des camions pour se concentrer sur la construction de leur cabane, au bord d’un champ voisin. L’installation laisse présager qu’ils ont l’intention de poursuivre leur mouvement encore quelque temps. « Nous avons demandé l’autorisation de nous installer au propriétaire. Il nous l’a donnée sans problème, il nous a même fourni un baril pour faire du feu », souligne Hervé. « On a fait ça proprement. On n’est pas là pour dégrader quoi que ce soit », insiste Alexis.

« Ce qu’on nous lâche d’un côté, on va nous le reprendre en impôts »

Chacun a apporté un peu de matériel et d’huile de coude pour ériger cet abri de fortune qui atteste que l’allocution présidentielle de la veille n’a absolument pas convaincu les manifestants. « Il n’a même pas osé parler en direct, déplore Ludovic. Les autres présidents avaient au moins le courage de s’adresser directement au peuple. » « On avait l’impression d’être face à un robot », s’étonne Hervé, qui a fait ses calculs suite à l’annonce de la revalorisation du SMIC de cent euros : « Avec ça, le SMIC annuel va dépasser quinze mille euros et les smicards vont être imposables. Ce qu’on nous lâche d’un côté, on va nous le reprendre en impôts. En plus, la mutuelle va augmenter en janvier. Si on doit déjà redonner vingt ou trente euros en plus, on ne va pas être beaucoup plus avancés. » « L’annulation de la CSG, c’est rien du tout, estime un retraité. S’il avait revalorisé les retraites de deux cents euros, là, on aurait eu un peu plus de pouvoir d’achat. » « Moi, je ne suis pas au SMIC, je n’ai pas de prime d’activité, alors je n’aurai droit à rien, estime Cathy. Pourtant, avec un salaire, on ne s’en sort pas. Après ces annonces, j’en suis toujours au même point. »

« Je pensais qu’il allait annoncer la suppression des ronds-points. »

Le président de la République avait peu de chance de convaincre ces manifestants de lever le camp. Au contraire, ils sont déterminés à rester : « On a fait une déclaration en préfecture jusqu’au 20 décembre, mais on demandera une prolongation trois jours avant l’échéance », annonce Dominique. Les actions devraient se concentrer au rond-point de Grandcamp, où est installé le petit camp : « Les camions passent par ici et on peut mieux maîtriser le filtrage. Au rond-point de MacDo’, c’est plus dangereux et il y a beaucoup d’automobilistes. On va surtout rester ici, même s’il n’est pas impossible qu’on fasse des actions ailleurs. » « Après ce que Macron a dit, on est là jusqu’à Noël, sauf si demain, il répond vraiment à nos demandes ou s’il démissionne », annonce Dominique qui n’a pas perdu son sens de l’humour : « Je pensais qu’il allait annoncer la suppression des ronds-points. »

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