Les « gilets jaunes » décorent le rond-point et se préparent à tenir jusqu’à Noël

« Tant qu’il ne lâchera pas, on ne lâchera pas », annonce Dimitri, l’un des organisateurs du mouvement des « gilets jaunes » dans le Ternois. Ce mercredi après-midi, les manifestants sont encore une quinzaine à occuper le rond-point au nord de Saint-Pol. Jour après jour, leur camp se développe et les contestataires prennent possession des lieux. Une enceinte diffuse de la musique, des guirlandes ont été installées sur un sapin, un Père Noël est accroché à côté d’un panneau « Macron, le Père Noël des riches », et un pendu flotte au vent, affublé d’un gilet jaune et d’un masque de vampire avec l’inscription « Macron, le suceur taxeur et tes complices ». Sous la tonnelle, d’autres panneaux sont en cours de confection. Le filtrage est léger, les « gilets jaunes » se contentent de faire ralentir les camions, grâce à des poteaux de chantier : « Les camions ralentissent d’eux-mêmes. C’est efficace et on est plus en sécurité ainsi », constate Alexis qui annonce : « On est partis pour être là jusqu’à Noël ! » L’allocution du président de la République n’a en rien calmé la colère des manifestants qui qualifient le discours et Emmanuel Macron avec des propos fleuris. Certains ont écouté l’intervention présidentielle sur le barrage, mais n’en ont tiré aucune satisfaction : « À la fin du mois, on n’a plus de quoi remplir le frigo ni le réservoir, mais on va pouvoir changer nos fenêtres », ironise Ludovic. Les manifestants s’accordent sur la nécessité de baisser les taxes et de revaloriser le pouvoir d’achat, mais discutent de nombreux sujets : l’urgence écologique, la baisse du nombre de hauts fonctionnaires, les aides octroyées aux migrants, les avantages des parlementaires, les casseurs sur les Champs-Élysées… Les discussions vont bon train, avec plus ou moins de nuances et d’approximation, et témoignent surtout du sentiment d’être délaissé par le pouvoir en place : « Les très riches ont su se faire entendre de Macron. Nous, on est le petit peuple, la classe moyenne. Il faut qu’on arrive à en faire autant. » À défaut de se faire entendre, les « gilets jaunes » de Saint-Pol continuent de se faire voir.

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