Le Tour de France débarque dans le Ternois !!! Youhou !!! On ne va pas se mentir, je suis excité comme lors de mon premier cyclocross de bistrot, ça promet une belle fête populaire. Mais après ? On va laisser les bagnoles reprendre l’espace public ? Oui, sans doute… Alors on a voulu que ce numéro parle de vélo, pour surfer sur la hype, mais pas de la compétition. On voulait parler de vélo. De ton vélo, celui qui ne vaut pas trois fois ton SMIC mais qui te transporte au quotidien ou dans de folles aventures. Qui t’offre la liberté d’aller et venir quand tu veux, à ton rythme, sans polluer. Pour aller bosser, pour aller te promener, pour aller en ville sans galérer à te garer et sans prendre un espace disproportionné par rapport à ta petite personne. Celui que tu peux bidouiller, pimper, décorer à ta guise parce que chaque relation entre un vélo et son enfourcheur est unique.
Et j’espère qu’à mon tour, je vais m’y remettre comme il faut. J’ai toujours une bonne excuse : il pleut, il fait froid, j’ai la flemme, je suis trop en retard (excuse la plus fréquente)… Mais finalement, à chaque fois que je monte sur mon biclou, ne serait-ce que pour les quelques kilomètres qui me séparent du bureau du Gobelin, c’est un kiff. J’ai l’impression de reprendre possession de l’espace public, de voler presque, les cheveux au vent (parce que souvent j’ai la bêtise de ne pas porter de casque). À chaque fois, je me dis qu’il faut que j’en fasse plus, qu’il faut que j’aille plus loin parce que je sais que j’adorerais ça. Et puis… Et puis le rythme effréné reprend le dessus et c’est la course permanente, une course où personne ne gagne à la fin et qu’on doit recommencer chaque jour, comme un coureur du Tour de France pressé au cul par la voiture balai pendant trois semaines.
Non, on n’est pas là pour la course. On est là pour le kiff, pour le plaisir, pour le fun, l’aventure, la rencontre, le silence du véhicule, les bruits de la nature. J’ai pas dormi une nouvelle fois pour boucler ce numéro. Mais maintenant, j’éteins l’ordi et je m’envole vers de nouveaux horizons, en poussant fort sur les pédales. Bon vent !
