Le glorieux passé de l’US Croisette refait surface pour son cinquantième anniversaire


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« Quand on a commencé, on nous a dit qu’on ne tiendrait pas cinq ans. Cinquante ans après, nous sommes toujours là », sourit le président de l’US Croisette, Joël Decouvelaere. En un demi-siècle, l’US Croisette est devenue une institution dans le paysage sportif du Ternois. De la création du club aux heures de gloire, sans oublier les périodes de crise, Joël Decouvelaere a tout connu et tout répertorié dans d’imposants classeurs où il a, au fil des saisons, rangé précieusement toutes les coupures de presse concernant la vie du club. « J’ai commencé à jouer à l’USC lorsque je suis revenu de l’armée en 1968, l’année de création du club. On jouait dans une pâture, sur la route de Siracourt. On enlevait les bêtes une ou deux heures avant le début du match, on traçait les lignes du terrain et c’était parti. » Joël Decouvelaere n’a rien oublié des premières années : « Nous avons été champions dès la première saison ! Moi, j’étais plutôt dans l’équipe B. En 71, nous avons perdu la finale de la coupe du Ternois 2-1 contre Blangy. Le match s’était joué au château de Brias devant près de mille personnes. On a pris notre revanche deux ans plus tard en gagnant 3-0. » Au total, l’USC a remporté dix coupes du Ternois : « Dans les années 70-80, on était l’équipe à battre, on avait les meilleurs joueurs du secteur. On avait tellement de trophées qu’on n’avait plus de place. On a dû en donner aux jeunes. »

Quatre quarts de finale de Coupe de France et une incompréhensible élimination

L’US Croisette compte également dans son palmarès plusieurs sacres en championnat, quelques coupes d’Artois et coupes départementales, notamment celle de 1981 : « On jouait contre Aix-en-Issart qui a abandonné à dix minutes de la fin car ils étaient menés 9-0. Certaines années, on n’a pas pu participer à la coupe du Ternois car nous étions encore engagés en Coupe de France. » Pas de trophée au niveau national, mais quatre quarts de finale pour la petite équipe du Ternois : « On est allés en région parisienne, à Auxerre, et même en Isère. On a fait beaucoup de déplacements, c’étaient de sacrés voyages et de beaux souvenirs. Le dernier quart était contre Troyes, on n’aurait jamais dû le perdre. On mène 2-0, Philippe Roussel file seul au but et, à dix mètres de la cage, il entend un coup de sifflet et s’arrête : le sifflet venait du public. Finalement, Troyes est revenu à 2-2 et a gagné 5-3 aux tirs au but. » Mais le pire souvenir pour Joël Decouvelaere est la Coupe de France de 1987 où l’US Croisette a été disqualifiée pour d’obscures raisons : « On devait aller à Reims pour les huitièmes de finale, après avoir battu 5-1 une équipe lilloise. Juste avant le match, on a appris que nous étions disqualifiés car nous évoluions en UFOLEP, mais notre équipe vétérans était en FFF. On n’avait pas le choix : il n’existait pas de catégorie vétérans en UFOLEP ! » En signe de protestation, l’US Croisette se déclare forfait pour le reste du championnat et s’affiliera quelques années plus tard en FFF, comme tous les autres clubs du coin, repartant de ce fait au plus bas niveau. Cette mésaventure marquera la fin de la période faste de l’US Croisette, même si le club a encore enregistré quelques belles performances, notamment en 1999 où l’équipe première a remporté le challenge offensif avec cent quatre buts inscrits en vingt-deux matchs, soit une moyenne de plus de quatre buts par match.

Des joueurs burkinabés et un entraîneur en cavale

Parallèlement à son histoire collective, l’USC compte quelques histoires individuelles. Les anciens n’ont pas oublié « les Perles noires », quatre joueurs venus de Haute-Volta (actuel Burkina Faso). « Victor Nignan faisait ses études à Lille avec un joueur de Croisette qui l’a amené ici. Il nous a appris à jouer. Il était au-dessus de tout le monde. Il venait au village chaque week-end, il passait ses vacances ici, travaillant à la ferme et à la menuiserie. » Victor Nignan a effectué deux saisons avec Croisette, dont une avec trois de ses compatriotes : son frère Alexis, ses amis Laurent Benao et Émile Kabore. D’autres figures plus locales ont marqué le club, comme Philippe Bellenguez et Pierre Torchy : « Un jour, ils s’étaient défiés sur une course de cent mètres : deux cents personnes y ont assisté ! » La vie d’un club va bien au-delà de l’aspect sportif et l’USC a rythmé la vie du village : « Dans les années 70-80, on organisait des boums qui rassemblaient jusqu’à mille personnes. Les troisièmes mi-temps étaient terribles également, que ce soit au café Le Flornoy où était le siège du club, ou à la buvette du stade. » Le club a également accueilli un drôle d’entraîneur lors de la saison 2006-2007 : « Un certain Richard Martinez venait d’arriver dans le coin. On l’a recruté comme entraîneur, mais il n’est pas resté six mois. Il a disparu du jour au lendemain : on a découvert que c’était un escroc en cavale sous un faux nom. »

La crise de la cinquantaine

Cette mésaventure oubliée, le club a poursuivi son activité et créé, en 2013, une section féminine, avec quatorze joueuses. À la même époque, les garçons ont réalisé de leur côté un joyeux coup de com avec la publication d’un calendrier où les joueurs posaient nus, dans l’esprit des « Dieux du stade », mais sous le titre « Oh mon Dieu, ils sont au stade ! » Aujourd’hui, l’US Croisette est dans le dur. Après la démission du vice-président chargé du football en fin de saison dernière, Pascal Debette a repris le poste, ne pouvant se résigner à voir disparaître la section foot : cette année, l’USC engage en championnat une équipe senior, une féminine et une U15, auxquelles s’ajoutent les équipes de jeunes, soit près de quatre-vingt-dix licenciés, tout de même. Le cinquantième anniversaire du club permettra de rappeler le passé glorieux de l’USC et de poser les bases d’un nouveau chapitre qui reste à écrire. Ce week-end célébrera également les trente ans de la section cyclotourisme et du tennis de table, qui sont toujours au meilleur de leur forme.

Programme des festivités

Samedi 25 août

8h30 : départ du stade pour une randonnée cycliste vers Coupelle-Vieille pour déposer une gerbe sur la tombe de PIerre Torchy. Covoiturage possible, départ à 10h au stade. Retour vers 12h.

13h30 : matchs U7-U8 et matchs U10-U11

15h30 : tournoi inter-entreprises/inter-familles/inter-villages

(renseignements: eric.laurent04@orange.fr)

17h30 : match des anciens vétérans

19h : apéritif suivi d’un repas dansant (sur réservation)

Dimanche 26 août

9h : match U15

11h : messe sous chapiteau

12h15 : discours et remise de médailles

A partir de 13h : barbecue

13h : match des féminines

14h30 : match des seniors

Durant les deux jours, jeux gonflables, activités pour les enfants, tournoi de baby-foot humain.

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