GrEn Fest #12 : le retour de la bamboche pour court-circuiter la morositude

« Beaucoup d’événements ont été annulés dans le coin. Nous, on s’est dit : on le fait ! Toujours avec l’objectif de proposer des animations et des spectacles de qualité. » Alors que Pierre Dézèque voit l’ombre d’une annulation à cause de la situation sanitaire disparaître, il sent l’excitation monter à quelques heures de l’ouverture du douzième GrEn Fest à Izel-lès-Hameau. Si les incertitudes des derniers mois ont contraint les Z’amizels à rester prudents et à réduire la voilure, ils ont néanmoins réussi à concocter une programmation qui ravira tous ceux en manque de musique, de fête et de chaleur humaine. Encore plus qu’auparavant, les organisateurs ont joué la carte des circuits courts, avec une programmation musicale plus locale et des intervenants du cru. « Tout se prépare plusieurs mois à l’avance et c’était compliqué de prévoir un événement sur plusieurs jours, alors que tout pouvait encore être annulé du jour au lendemain. On ne savait pas où on allait au niveau des jauges, ce qui conditionne notre budget. On a dû jongler avec tout ça jusqu’au dernier moment, mais on a pris le risque de faire au plus simple, tout en gardant l’esprit qui nous anime depuis le début : proposer de la fête et de la qualité, à des prix raisonnables », résume Kayou, comme on l’appelle dans le milieu de la bamboche.

Une affiche pleine de promesses de musique et de fête

Le GrEn est avant tout un festival et ce sont les musiciens qui tiennent le haut de l’affiche, avec en tête de gondole cette année, les Monty Picon : un rapide coup d’œil et d’oreille suffisent à comprendre que les Rennais vont envoyer du lourd avec leur rock tirant sur le ska, le punk, la chanson française et sur tout ce qui bouge. Leur titre Putain de jour meilleur résume bien la promesse du retour de ce GrEn (« Un hymne à la teuf »). Pour le reste, tout est local, à commencer par les Guilty Delight, formation arrageoise qui n’a pas besoin de jouer fort pour que son public se déhanche sur des rythmes oscillant entre soul, blues et reggae : ambiance groovy, inspirée par les îles, parfaite pour s’évader. Une petite douceur pour les oreilles qui sera bienvenue une fois que les Nouzote auront achevé leur ouverture tonitruante avec du ska-punk endiablé. Eux aussi sont du cru, comme en atteste leur nom qui fleure bon le patois du Ternois : « Ce sont des locaux, ça fait toujours plaisir d’avoir un groupe qui connaît le GrEn. Ça fait longtemps qu’ils voulaient venir y jouer, c’était dans les tuyaux depuis un moment. Ils vont décoincer les gens en début de soirée », prédit Kayou. Le festival a d’ailleurs ses habitués aussi parmi les artistes : « Pour terminer la soirée et faire danser tout le monde jusqu’au bout de la nuit, on aura DJ Weers. Il vient tous les ans, c’est un peu notre DJ résident. On a aussi Humble Rising Sound System qui revient toujours sans se poser de question : à chaque fois, on se dit : “À l’année prochaine !” Ils passent des vinyles de reggae-roots et improvisent à la trompette sur les morceaux. Ils seront là tout l’après-midi pour commencer à mettre l’ambiance. »

« On essaie au maximum de travailler avec des gens du coin parce qu’on pense que le circuit court est dans la logique de ce que devrait être la consommation. Si on a de bons producteurs dans le coin, ce serait dommage d’aller dans les grandes chaînes. »

Pierre Kayou Dézèque, membre des Z’amizels, organisateurs du GrEn Fest

En effet, le GrEn ne se résume pas à quelques concerts enflammés : les animations débuteront dès 14h avec des activités organisées par KREAsport et Cirqu’en Cavale (les circassiens assureront également le show entre les concerts du soir), complétés par un spectacle de Yohan Durand, pas le marathonien mais le saltimbanque virtuose du diabolo et diable de danseur contemporain. Les activités de l’après-midi seront gratuites pour les enfants et les adultes pourront savourer les mix d’Humble Rising Sound System, les crêpes et les produits de la buvette. Là encore, l’équipe s’est attachée à faire travailler les acteurs locaux et la désormais incontournable Popotte du GrEn sera bien au rendez-vous : « On essaie au maximum de travailler avec des gens du coin parce qu’on pense que le circuit court est dans la logique de ce que devrait être la consommation. On a de bons producteurs dans le coin, ce serait dommage d’aller dans les grandes chaînes. Si on peut trouver en circuit-court, on regarde plus la qualité que le prix. On compose pour proposer des repas à des prix corrects, cuisinés sur place », insiste Pierre qui salive déjà en évoquant les sandwichs végétariens, même s’il pourrait fondre pour une bonne tartiflette. Il aura également du choix pour remplir son godet avec trois bières évidemment locales : « On travaille avec deux brasseurs du coin : l’Arrageoise et les établissements Ricard. Ce sont des partenaires de longue date et plutôt que de choisir l’un ou l’autre, on a décidé de travailler avec les deux. On a aussi la bière de l’ingé-son, Séb, qui vient tous les ans avec plaisir : il a brassé sa bière cette année et on aura quelques fûts. C’est du circuit-court, on travaille avec les gens qu’on connaît, qui aiment le GrEn. » De bonnes bibines locales à consommer évidemment avec modération, l’abus d’alcool étant dangereux pour la santé. L’équipe du GrEn mise d’ailleurs sur la prévention et a conclu cette année un partenariat avec l’auto-école Contact d’Aubigny-en-Artois qui proposera de ramener gratuitement les fêtards dans un rayon de quinze kilomètres autour d’Izel-lès-Hameau. Rappelons que la formidable fête de la vie qu’est le GrEn Fest est née d’un drame, de deux accidents de la route qui ont coûté la vie à Greg et Ben, auxquels rend hommage le nom du festival. « On avait un peu laissé la prévention de côté, c’est important de remettre ça en avant. C’est quelque chose qui nous touche au cœur : tout était parti de là. C’est important de montrer aux gens qu’on peut faire la fête et trouver des alternatives si on aime boire un coup. Ça peut être un Sam, un Jean-Michel, qu’importe : celui qui conduit, c’est celui qui ne boit pas ! Sinon on plante la tente », insiste Kayou qui tient à ses potes et à ce que la fête soit belle jusqu’au bout de la nuit. « On espère que les gens seront au rendez-vous, mais je pense qu’ils ont soif de culture, de ressortir et de refaire des choses un peu comme avant, avec des sourires de la musique et de l’envie ! » Qu’on rallume la vie !


GrEn Fest
Samedi 23 octobre, salle des fêtes d’Izel-lès-Hameau
14h : animations gratuites pour les enfants l’après-midi, buvette et restauration. Ambiance par Humble Rising
18h: Spectacle de Yohan Durand : 5€ (inclus dans le billet en pré-vente)
19h: concerts Nouzote, Guilty Delight, Monty Picon, DJ Weers : 10€

Gratuit pour les moins de douze ans
Pass sanitaire obligatoire.


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