Inondations à Ramecourt : un agriculteur assume sa responsabilité et veut agir vite


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« J’ai ma part de responsabilité et je l’assume totalement, mais ça n’arrivera plus jamais à cause de moi », annonce Antoine Dequidt. Alors que tout le monde, des collectivités aux entreprises, en passant par les habitants, se renvoie la balle, accusant souvent au passage les agriculteurs, le propriétaire de la vaste parcelle située en face de Big Mat et de la caserne ne se défile pas : « On peut toujours dire que les fossés n’ont pas été entretenus, que c’est à cause des constructions ou autres, mais moi, je suis responsable du champ. » Antoine Dequidt n’était pas présent lors des inondations qui ont touché Ramecourt ces derniers jours mais a suivi la situation : « Je suis agriculteur depuis vingt-et-un ans et je n’ai jamais vu ça. Les orages avaient un caractère assez exceptionnel. Ce matin (ndlr : mardi 29 mai), j’ai mis des ballots de paille pour casser les vagues si un nouvel épisode devait se produire. C’est une mesure d’urgence, mais je vais discuter avec mes voisins et les pouvoirs publics pour qu’on puisse trouver des solutions ensemble et rapidement. On a une obligation de résultats et si je dois laisser deux hectares en friche, je le ferai. »

« Nous sommes une communauté et je veux que mes voisins puissent dormir tranquillement »

Sans chercher à se dédouaner, l’agriculteur rappelle qu’il est déjà engagé dans la lutte contre l’érosion des sols et les inondations qui en découlent : « Chaque année, je plante plus de cinq cents mètres de haies. Évidemment, on me dira que j’aurais dû en mettre au bord du champ incriminé, mais peut-être que celles que j’ai plantées ailleurs ont permis d’éviter d’autres problèmes. J’ai également lancé un grand projet d’agroforesterie sur dix-huit hectares qui va contribuer à limiter l’érosion. » De plus, le cultivateur a eu la bonne idée de planter son champ perpendiculairement à la pente, ce qui ralentit l’écoulement de l’eau – ce que reconnaissent d’ailleurs ses détracteurs. « A cette époque, les pommes de terre n’ont pas de racines suffisantes pour s’accrocher au sol », explique Antoine Dequidt, qui alterne entre six types de productions sur ses parcelles. Pas de chance, les patates retiennent bien moins l’eau que d’autres cultures : « Les champs de pommes de terre, de betteraves et de maïs laissent de la terre à nue qui est emportée lors de fortes pluies », explique le président de la communauté de communes, Marc Bridoux. Le maire de Ramecourt déplore également que les fascines demandées depuis deux ans ne soient toujours pas installées. « C’est la Chambre d’agriculture qui décide de leur installation. Peut-être aurions-nous dû être force de proposition sur ce sujet », constate Antoine Dequidt qui souhaite surtout regarder vers l’avenir et trouver des solutions pérennes : « Nous sommes une communauté et il est normal que les agriculteurs prennent leur part de responsabilité. Je veux que mes voisins puissent dormir tranquillement. »

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