Déviation de la RD939 : « Nous avons choisi un tracé et nous allons l’affiner »

« Nous avons étudié les différents tracés possibles dans le cadre de la concertation. Nous avons choisi un projet et nous allons l’affiner et l’améliorer lors de l’enquête publique. » Vice-président chargé de la voirie départementale et des infrastructures (entre autres), Jean-Claude Dissaux défend vigoureusement le projet de déviation de la départementale 939 devant relier Aubigny-en-Artois à la rocade de Saint-Pol. Convaincu de l’intérêt du projet, il répond point par point aux protestations des agriculteurs et commerçants qui se sont rassemblés autour de deux collectifs : « Leur réaction est normale face à un tel projet qui a forcément un impact sur les acteurs locaux. On peut le comprendre et c’est à nous d’expliquer notre démarche et d’accompagner les personnes impactées. Nous avons organisé une concertation volontaire très en amont du projet, avec la mise en ligne de tous les éléments. Nous avons déjà écouté les observations. Nous allons lancer l’enquête publique fin 2019 et chacun pourra encore faire valoir ses arguments. »

Pour les agriculteurs : « réaliser un remembrement ou compenser avec d’autres terrains »

Jean-Claude Dissaux justifie tout d’abord l’utilité du projet : « Cette route accueille douze mille véhicules par jour en moyenne, et jusqu’à vingt-cinq mille en période de pointe, notamment l’été. Elle dessert le littoral pour les habitants du bassin minier et de la région lilloise. Le trafic des camions est en augmentation constante, il progresse de 2 % par an et tant que nous n’avons pas de solution alternative – comme le canal Seine-Nord – nous devons améliorer la route. » Concernant les agriculteurs, le vice-président ne nie pas les impacts mais assure que tout est mis en œuvre pour les limiter au maximum : « La réaction du monde agricole est compréhensible : les exploitants concernés perdent une partie de leur outil de travail. Nous étudions tout cela dans le détail afin de respecter au maximum les parcelles, pour que la route suive les bords des terrains et les chemins existants. Nous travaillons avec la chambre d’agriculture soit pour réaliser un remembrement, soit pour compenser les emprises avec d’autres terrains éloignés de la route. La nouvelle route permettra aussi aux agriculteurs de mieux évacuer leurs productions. »

« Les commerces qui resteront le long de la voie actuelle bénéficieront d’un trafic apaisé »

Jean-Claude Dissaux assure que la voix des commerçants est également entendue et même que certains pourraient trouver un bénéfice à la déviation : « Nous étudierons les situations des commerçants au cas par cas. Nous pourrons proposer à certains de s’installer ailleurs. Par exemple, les friteries pourraient s’installer sur des parkings le long de la nouvelle route. Ceux qui resteront sur la voie actuelle bénéficieront d’un trafic apaisé. Nous pourrons améliorer le stationnement, ce qui pourra favoriser la fréquentation de leurs commerces. Certains prônent le doublement de la voie actuelle, mais cela nécessiterait de réaliser des trottoirs, des écrans phoniques, des aménagements pour la sécurité. Pour les commerces installés le long de la RD939 – mais pas ceux du centre d’Aubigny – nous étudierons l’impact de la déviation en comparant leur chiffre d’affaires à celui des trois années précédant la mise en service et le département pourra apporter une compensation. De plus, nous avons pris soin de ne pas enfermer la zone d’activité de Tincques afin qu’elle puisse poursuivre son développement. »

Si Jean-Claude Dissaux comprend toutes les objections soulevées par les opposants au projet, il assure que le tracé retenu a été validé par la majorité du comité de pilotage qui s’est efforcé de réduire au minimum les désagréments. De plus, il rappelle que la déviation n’est pas pour demain : « Nous ne sommes qu’au tout début du projet et très loin du premier coup de pelle. Dans le meilleur des cas, la mise en service ne sera effective qu’en 2025. »

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