Des mystères de son passé, Jacqueline Dewerdt a imaginé son premier roman

Du mutisme de son père, Jacqueline Dewerdt-Ogil a tiré un roman sur la quête d’identité, le déracinement, les liens familiaux impossibles. Une fiction ancrée dans le réel et inspirée de l’histoire personnelle de l’auteur : « J’ai été confrontée à la difficulté à vivre avec le silence de ses parents. Mon père était russo-polonais. Avant de s’installer en France, il a été déporté en Sibérie. Il n’a jamais parlé de cette période, il ne nous a jamais raconté sa vie. Quand on est enfant, on n’y pense pas, mais ensuite, on s’interroge. » Jacqueline Dewerdt ne connaîtra jamais les détails de la vie de son père. Alors elle a laissé courir son imagination et traduit son ressenti dans le récit d’un fils et d’une fille issus d’un même père et qui se retrouvent, au début du siècle dernier, autour de leurs interrogations. À l’origine, Un tilleul n’est pas un peuplier était loin des deux cent soixante-dix-sept pages actuelles : « J’étais dans un atelier d’écriture quand j’ai écrit une nouvelle sur ce sujet. J’avais une histoire trop complexe, avec trop de personnages pour la faire tenir dans une nouvelle et j’ai écrit ce roman. »

« Ma mère racontait à sa famille la liberté qu’elle avait trouvée ici »

Deux années auront été nécessaires pour le conclure et quelques mois supplémentaires pour l’affiner : « C’est plus construit qu’une nouvelle. J’ai beaucoup creusé les personnages, travaillé et retravaillé le texte. J’en ai bien enlevé la moitié. » Un tilleul n’est pas un peuplier est un premier roman mais le quatrième livre de Jacqueline Dewerdt. Installée à Troisvaux depuis près de trente ans, l’ancienne conseillère conjugale a pris la plume en même temps que sa retraite. En dix ans, elle a déjà publié trois autres ouvrages : le récit d’une troupe de clowns des Compagnons d’Emmaüs, un recueil de nouvelles et une compilation de témoignages d’habitants du secteur. Jacqueline Dewerdt s’est cette fois plongée dans sa propre histoire : « Mon père parlait russe et n’était pas le bienvenu en Pologne. Il est arrivé en France dans les années 1920 en tant qu’ouvrier agricole, comme ma mère quelques années plus tard. Ils n’avaient rien en Pologne, des recruteurs venaient les chercher pour travailler en France. J’ai retrouvé une lettre de ma mère qui racontait à sa famille la liberté qu’elle avait trouvée ici. De tout temps, des gens ont dû quitter leur pays. Ça fait écho avec la situation des migrants qu’on accueille aujourd’hui. »

N’ayant pas (encore) lu l’ouvrage, nous vous livrons ici son éloquente préface.

Un tilleul n’est pas un peuplier, 277 pages, 19 euros.

Disponible à la maison de la presse de Saint-Pol ou auprès de l’auteur : jacqueline.dewerdt@wanadoo.fr

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