Autiste mais bientôt collégien : Frédéric poursuivra sa scolarité avec ses copains

Le petit Frédéric pourra entrer au collège d’Auchy-les-Hesdin au mois de septembre. Jusqu’à vendredi, le jeune autiste n’avait aucune solution pour la suite de sa scolarité. « On nous a fait des promesses qui n’ont pas été tenues », regrette Frédéric père qui, désemparé, menaçait de grimper en haut d’une grue pour dénoncer la situation de son fils et le manque de prise en charge de l’autisme en France. « C’était un ultimatum. J’avais déjà repéré les lieux et j’étais prêt à monter mardi si nous n’avions pas de nouvelles », sourit désormais le papa. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux et les médias, Frédéric Grard annonçait au monde que son fils autiste était exclu du système scolaire, provoquant l’indignation générale. Il aura fallu en passer par là pour que le rectorat se manifeste, jeudi, et propose une entrevue le lendemain et deux solutions. La première consistait à ouvrir deux places supplémentaires dans la classe ULIS* du Touquet : « La classe aurait été en sureffectif, ce qui n’aurait été bénéfique ni pour Frédéric, ni pour les autres enfants et les assistants de vie scolaire. De plus, aucune place n’aurait été disponible l’année suivante. C’était presque du chantage, on aurait culpabilisé pour les enfants qui doivent arriver ensuite. »

« Bizarrement, on n’avait pas de solution et tout s’est débloqué d’un coup »

En revanche, la seconde solution ravit toute la famille : « Le rectorat propose que Frédéric aille au collège d’Auchy-les-Hesdin, avec son assistante de vie scolaire actuelle, qui le suit depuis le CP. L’équipe du collège est d’accord à la condition que les professeurs soient formés et disposent des outils nécessaires, ce qui pourra aussi faciliter l’accueil d’autres enfants autistes par la suite. Frédéric va pouvoir entrer au collège où sa sœur est déjà scolarisée et où ira ensuite son petit frère. Il va continuer sa scolarité avec ses copains de l’école. » En prime, le jeune autiste va bénéficier du service d’éducation spéciale et de soins à domicile : « On attendait cela depuis deux ans. Ils vont suivre Frédéric dans tous ses lieux de vie, aussi bien au collège qu’à la maison, avec une ergothérapeute. Bizarrement, on n’avait pas de solution jusqu’à maintenant et tout s’est débloqué d’un coup, sourit dans sa barbe fournie Frédéric père. On ne dormait plus depuis une semaine, maintenant on est soulagés. En plus, Frédéric pourra intégrer l’association sportive du collège, il adore le sport. » Pour preuve, le duo père-fils compose la Team Frédéric qui accumule les médailles sur tous les événements sportifs de la région. Dernier exploit en date : la traversée de la France en tandem, de Monaco jusqu’au Touquet, soit mille trois cents kilomètres pour sensibiliser à l’autisme et à son manque de prise en charge: « Grâce au sport, on connaît beaucoup de monde, on reçoit des centaines de messages de soutien. »

« Nous, on ne se laisse pas faire, mais qu’en est-il des autres enfants ? »

Même si le dénouement est heureux pour la famille Grard, le combat n’est pas terminé : « On se bat pour notre fils mais aussi pour les autres enfants autistes, précise la maman, Julie. Seuls 20 % d’entre eux sont scolarisés en France alors qu’ils le sont tous au Canada. La France a quarante ans de retard sur beaucoup d’autres pays. Si nous avions parlé anglais, nous serions partis en Angleterre. » Grâce à son papa qui ne recule devant rien pour son fiston, le petit Frédéric va pouvoir poursuivre sa scolarité mais beaucoup de jeunes autistes restent sans solution, comme le souligne la mère de famille : « Nous, on ne se laisse pas faire, mais qu’en est-il des autres qui n’ont pas trouvé de place ? On espère que ça fera réagir. Peut-être avons-nous ouvert une porte pour les autres familles. »

*ULIS : unité localisée pour l’inclusion scolaire

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