Miracle attendu à l’Abbaye de Belval : un sauveur est arrivé !

Alors que les chrétiens du monde entier s’apprêtent à fêter la naissance de leur Messie, l’abbaye de Belval pense avoir trouvé son sauveur et compte sur lui pour faire des miracles : Samuel Sarrazyn a été missionné pour donner un nouveau souffle à ce site emblématique du Ternois. Depuis 2012, les religieuses ont quitté les lieux, une association et une SAS ont été créées pour faire vivre l’abbaye. Mais après douze années d’activité, l’équilibre économique n’est toujours pas atteint et les finances se sont même sévèrement dégradées ces dernières années : en 2023, la SAS Abbaye de Belval a enregistré un déficit de près de 100 000 euros, et le résultat 2024 s’annonce tout aussi mauvais. Lors d’un récent conseil d’administration, il a été décidé de lancer un « plan social » (élégamment appelé “plan de sauvegarde de l’emploi” – PSE) pour redresser les comptes en sacrifiant deux salariés sur les douze que compte la SAS : la directrice et la responsable de l’hôtellerie seront les martyrs et devront quitter l’abbaye dans les prochains mois. Les licenciements sont portés par la SAS et c’est l’association qui embauche Samuel Sarrazyn, dont les talents d’entrepreneur ont séduit l’équipe dirigeante de l’abbaye. Tenancier de la Taverne de l’Artois à Saint-Pol depuis huit ans (établissement qu’il cédera à son frère Clément début 2025), le quadragénaire confesse qu’il ne connaissait pas vraiment l’abbaye jusqu’à récemment : « Je ne connaissais que par le marché de Noël ou par les personnes de l’ASA (NDR : association Aide aux Sans-Abris) qui venaient boire un verre dans mon bar. J’avais entendu parler de l’hôtellerie, mais je n’imaginais pas que les chambres étaient comme ça. Tout le monde a l’image de chambres un peu spartiates des sœurs, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a des choses à améliorer au niveau de l’image. » D’ailleurs, lui-même avait une image faussée de l’abbaye, comme beaucoup de Ternésiens selon le président de l’association Stéphane Van den Bulke : « L’abbaye est toujours vue sous l’angle social, mais l’angle économique est peu connu. L’image reste associée aux migrants, au social, à l’ASA, Interval (NDR : dispositif d’accueil d’auteurs de violences conjugales)… Les migrants sont restés un an tout au plus (NDR : les réfugiés ont été invités à libérer les lieux pour permettre la création d’une pension de familles qui n’aura finalement jamais vu le jour). On doit redorer et valoriser l’image de l’abbaye. Les activités économiques que sont la boutique, l’hôtellerie ou la restauration doivent permettre de financer le développement touristique et le rayonnement de l’abbaye. Cet aspect économique est indispensable. Durant une dizaine d’années, l’activité était correcte mais depuis le Covid, elle a plongé. L’abbaye doit faire face à des remboursements importants et nous n’avons pas réussi à relancer l’activité. Le conseil d’administration a donc décidé d’alléger les charges et de relancer le développement. On a l’outil, on a le personnel, tout est là ! », insiste le président, qui sait qu’il peut compter sur « une équipe incroyable » de dix salariés très polyvalents, les bénévoles de l’association, mais aussi sur plusieurs sans-abris hébergés par l’ASA qui travaillent bénévolement sur le site, notamment en cuisine ou à l’entretien des extérieurs.

Dans l’aile de l’hôtellerie, une salle dédiée au bien-être est déjà régulièrement utilisée par des professionnels.

Pour relancer le développement, Samuel Sarrazyn ambitionne d’augmenter la fréquentation de l’abbaye en misant sur l’hôtellerie, la restauration, la location de salles – et en capitalisant sur son réseau local. L’hôtellerie compte dix-huit chambres pour une trentaine de places (dans une aile dédiée de l’abbaye, et non dans les anciennes cellules des sœurs), le gîte offre trente-cinq couchages dans deux grands dortoirs. « Il y a un vrai potentiel. On peut facilement venir à Belval depuis Saint-Pol pour déjeuner. Mon projet est de développer un véritable restaurant. Et on a une histoire ici, on peut venir non seulement pour manger ou dormir mais aussi pour profiter d’un site hors norme. Il faut également qu’on travaille la communication. Si l’hôtel était plein ne serait-ce que la moitié du temps, l’abbaye aurait suffisamment de chiffre d’affaires. J’ai plein de projets ! Je voudrais développer de la coopération locale avec les acteurs du Ternois. J’aimerais qu’on puisse venir s’amuser à Belval, s’instruire, trouver une bonne table, profiter de repas-spectacles, de séjours… On pourrait envisager un week-end autour du billard, des activités médiévales… » Néanmoins, toutes ces idées doivent être priorisées, le contrat de Samuel Sarrazyn n’étant pour l’instant que pour une durée de six mois : « Mon rêve serait que Belval soit un lieu coopératif où on pourrait trouver du sport, de la culture, de la restauration, des entreprises… où tout le monde cohabiterait ! Il faut redonner une identité globale à l’abbaye. Ma priorité est de travailler sur la restauration, l’hôtellerie et l’organisation d’événements. » La première idée serait de développer un véritable restaurant dans le grand réfectoire, qui pourrait accueillir – à terme – quelque cent cinquante personnes : cette salle donnant directement sur le cloître offrirait une belle expérience aux visiteurs. Samuel Sarrazyn espère ouvrir ce restaurant à l’occasion de la Saint-Valentin. Une première soirée carbonnade-frites est d’ores et déjà prévue le 19 janvier, avec de la musique et des danses endiablées !


Soutenez-nous!
Le Gobelin du Ternois est gratuit et le restera grâce à vous!
Soutenez Le Gobelin du Ternois sur Tipeee Soutenez Le Gobelin du Ternois sur Tipeee
Découvrez le dernier numéro du Gobelin spécial vélorution !