À la recherche d’un local pour retaper des vélos et favoriser la mobilité dans le Ternois


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« On a mis des vélos un peu partout, on ne peut même plus accéder au micro-ondes. À un moment, on va être envahis ! » Jean-Luc est ravi de voir ces vieux vélos s’agglutiner mais s’impatiente de pouvoir enfin les retaper. Cet ancien mécanicien est l’un des cinq bénéficiaires du RSA accompagnés par Justine Dublicq de Passeport Forma. Deux fois par semaine, le groupe se retrouve dans une salle du centre Henri-Picot. Depuis quelques semaines, le bureau s’est transformé en garage de fortune où une douzaine de vélos attendent de trouver une nouvelle vie.

« La mobilité est un vrai problème dans le Ternois »

Cet été, Justine Dublicq et ses protégés ont eu l’idée de récupérer des vélos pour les réparer et les mettre à la disposition de personnes rencontrant des problèmes de mobilité : « C’est un vrai problème dans le Ternois pour trouver un travail et s’insérer professionnellement. Beaucoup n’ont même pas un vélo pour se déplacer », constate depuis longtemps la formatrice. Pour preuve, seul Jean-Luc dispose du permis de conduire et d’une voiture : « À une époque, j’aurais bien voulu qu’on me prête un vélo pour aller travailler. On veut s’adresser aux personnes dans le besoin et leur prêter gratuitement un vélo. » L’appel aux dons a été entendu et une douzaine de bicyclettes en tous genres et tous états ont été offertes – et même un BMX pour rider sur son entretien d’embauche. Reste maintenant à remettre tous ces vélos sur la route, ce qui est impossible dans le centre Picot : « Nous louons cette salle à la mairie, on ne peut pas mettre de la graisse partout ! Nous avons demandé à la mairie, à la communauté de communes, mais ils n’ont aucun lieu disponible. Les associations ATRE et K-d’Abra, qui travaillent aussi sur l’insertion sociale, nous ont proposé des solutions mais qui ne peuvent être que provisoires. On voudrait un petit local qui pourrait servir de lieu de stockage et d’atelier de réparation », explique Justine Dublicq. Le groupe dispose déjà d’un stock de bicycles et le magasin voisin Au Cœur du Vélo a proposé de dépanner des pièces détachées.

« Chacun se rend compte qu’il peut être utile et apporter quelque chose »

Pour les réparations, Jean-Luc est prêt à reprendre la clé à molette sur le champ : « Il faut que les vélos soient en règle pour pouvoir rouler et que les utilisateurs soient en sécurité. Il faut les réparer et surtout vérifier les freins, les pneus, l’éclairage. J’ai été mécanicien et électricien, je pourrai vous apprendre des choses », lance Jean-Luc à ses quatre collègues. « Si on est là, c’est pour apprendre. Moi, je pourrais être standardiste », sourit Isabelle. « Avec ces projets, chacun se rend compte qu’il a des compétences, qu’il peut être utile et apporter quelque chose », souligne Justine Dublicq, qui l’a déjà prouvé avec ses précédents protégés qui vivent aujourd’hui une belle aventure avecTout en Palettes : hébergé quelques mois dans un garage de la mairie d’Anvin, le groupe a pu lancer son activité et vole aujourd’hui de ses propres ailes. Cette fois encore, la réparation et le prêt de vélos pourraient déboucher sur la création d’une entreprise collective au service des autres, comme le souhaitent Jean-Luc et ses collègues : « Il faudrait qu’une personne super gentille accepte de nous prêter un garage ou un atelier. Moi, j’ai envie de faire des choses, de me lever le matin pour faire quelque chose. Il ne faut pas penser qu’à la thune mais aussi à rendre service. On n’est rien sans les autres. »

Contact : Justine Dublicq au 06.70.83.41.57 ou passeportjd@gmail.com

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