Finding George Chapitre 5 : des détectives et des détecteurs


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Gauchin-Verloingt (France), 2018/07/09, 9.23 am

« C’est sûr, c’est un B17. » Tournant la balle de calibre cinquante entre ses doigts, Antoine Berthe confirme l’intuition du colonel David. Ce jeune historien local est spécialiste de la Grande Guerre mais s’est déjà penché sur des crashs d’avions de la Seconde Guerre dans le Ternois, retrouvant la famille d’un Américain qui s’était écrasé à Gauchin-Verloingt. Le sergent Bornemeier a déballé toutes les pièces exhumées la veille dans la Vallée Blanche de Monchy-Cayeux sur la table où s’est réunie la Communauté de la Baguette. Demain, les deux Américains s’envoleront pour l’Utah. Ils doivent donc rassembler un maximum d’éléments attestant que le site identifié est bien celui du crash du lieutenant Wilson. Erik Bornemeier propose de constituer deux équipes : une de détectives et une autre de détecteurs. Le sergent prendra la tête de la première avec le Gobelin, l’Abeille et l’historien. Le colonel David, Charles et Alain sonderont la Ternoise depuis le pont où étaient déversées les armes et munitions durant la guerre, d’après le récit des frères Ponchant. Alain n’a pas de détecteur de métaux mais un voisin hollandais bien équipé et qui connaît parfaitement la rivière. Alain expose la situation au téléphone et propose au Hollandais de les rejoindre : « Là, je suis occupé : je suis à Monchy-Cayeux avec des amis de la pêche. »

Monchy-Cayeux (France), 2018/07/09, 10.07 am

Cigare en bouche, Joerem attend l’équipe de recherche à côté de l’église, dans l’allée d’arbres qui menait à l’ancien château. Le solide Hollandais maîtrise parfaitement l’anglais et sympathise rapidement avec le colonel qu’il emmène sur les bords de la Ternoise. Mieux équipés que la veille, les deux jeunes fouilleurs suivent l’incompréhensible duo pour explorer la rivière. Erik s’accorde un petit tour de l’église, accompagné de son trio d’enquêteurs. Ils remarquent le monument aux soldats morts pour la France, quelques graffitis taillés lors de la Première Guerre et des amours du village, mais aucune trace d’un aviateur américain. La veille, les frères Ponchant avaient raconté que l’église a été démontée au dix-neuvième et reconstruite ici : elle était auparavant dans le cimetière, toujours situé à l’extérieur du village. Le sergent propose de se rendre sur les lieux du crash, en ce jour anniversaire du 9 juillet 1944 et les quatre enquêteurs se garent au carrefour surplombant la Vallée Blanche.

Appuyé contre sa voiture, un vieil homme dévisage le groupe, le regard ombragé par sa casquette. Jean-François Delmotte a été informé par son fils des recherches en cours : un Américain doit d’ailleurs l’appeler aujourd’hui à ce sujet. Ledit Américain se présente et invite le Mont-Cayen à tout lui raconter. « J’étais pas dans le pays quand c’est arrivé : j’avais un an et j’habitais à Comines. J’ai cultivé le champ plus de vingt ans après la guerre, il n’y avait plus d’avion, mais je ramassais souvent de gros morceaux d’aluminium gris et vert qui se coinçaient dans la machine, quand je faisais les betteraves. J’avais tout jeté dans un coin, dans un hangar qui a été détruit avec la tempête de 1990. On a dû tout débarrasser. » Le sergent ne trouvera pas de numéro de série mais peut-être une piste pour le corps du lieutenant Wilson. « Le corps ? J’ose pas vous le dire. Comme je vous ai dit, je n’étais pas là, mais on m’a raconté que des lambeaux de chair pendaient dans les branches, tout autour », souffle l’agriculteur en pointant les arbres bordant le champ. D’après l’historien local, les Allemands surveillaient les sites des crashs durant quelques jours et ont sans doute ramassé les restes du lieutenant Wilson. L’historien doit quitter le groupe et se voit remplacé par Simon, rencontré la veille et qui n’avait pu retrouver la boîte à chaussures où dorment depuis des années des morceaux d’aluminium ramassés dans le champ voisin. Nouvelle déception : aucun ne porte d’inscription. Informé par téléphone, le Gobelin annonce que l’équipe de détecteurs doit repartir au quartier général et qu’elle n’a rien trouvé dans la rivière : d’autres pêcheurs de métaux ont déjà tout emporté.

Le scribouillard propose de rendre visite à sa copine Marie-Christine : elle connaît tout le village et emmène l’équipe chez Georgette, sa voisine octogénaire à la mémoire sans faille. Entourée de sa petite famille, Georgette raconte ses souvenirs de guerre, l’occupation allemande, les bombardements, les rampes de lancement de V1, rien sur un avion écrasé dans la Vallée Blanche. Elle suggère bien quelques noms d’autres anciens qui pourraient en savoir plus, mais elle n’a jamais entendu parler de cette histoire d’avion. La visite au cimetière ne donnera rien non plus. Marie-Christine invite l’équipe à faire le point autour d’un verre et se propose de passer quelques coups de fil. A défaut d’avancer sur la piste du lieutenant Wilson, le sergent Bornemeier voudrait rencontrer les descendants du résistant qui a exfiltré le sergent Fergusson. Il dispose d’un nom et d’un village mais impossible de trouver de numéro de téléphone sur Internet. Marie-Christine sort son bottin de 2005, le Gobelin fixe un rendez-vous à 16 heures à Sains-les-Pernes pour explorer la piste du sergent Fergusson. Marie-Christine annonce que Gabriel, un des anciens évoqués par Georgette, se trouve à la ducasse du village voisin de Saint-Martin-les-Hernicourt, les enquêteurs pourront en profiter pour se restaurer. L’Américain fronce les sourcils et interroge les Frenchies : « What is a ducasse ? »

To be continued…

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Retrouvez les épisodes précédents:
– Prologue : la piste des jeteurs de foin de Money-Cayeux
– Chapitre 1 : la French Connection

– Chapitre 2 : la Communauté de la Baguette

– Chapitre 3 : les preuves des bombes

– Chapitre 4 : la terreur venue du ciel

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