Finding George (Prologue) : la piste des jeteurs de foin de Money-Cayeux


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Ait Issafen (Maroc), 2018/07/02, 3.32 am

Le sommeil fuit le sergent Bornemeier. Jonglant entre ordinateur et téléphones portables, l’Américain explore les méandres de la toile à la recherche du moindre indice pour remonter la piste du lieutenant George Wilson. Le sheriff de l’unité de sauvetage et de recherche de l’Utah a déjà retrouvé des dizaines de disparus dans les montagnes et déserts de Salt Lake City. Cette fois, la mission est moins périlleuse, mais la piste refroidie : le corps du pilote s’est évanoui au cours d’une mission en France en juillet 1944.

Erik Bornemeier ne connaît l’histoire du lieutenant Wilson que depuis quelques semaines. Lors du Memorial Day, son épouse a découvert que son grand-oncle s’était crashé en France durant la Seconde Guerre mondiale. Tombé au front, tombé du ciel, tombé dans l’oubli : aucune recherche n’a été entreprise pour retrouver l’aviateur. Seule une plaque dans le cimetière américain de Colleville-sur-Mer, Normandy, commémore le sacrifice du pilote. Cette nuit encore, le sergent Bornemeier relit les deux dossiers qu’il a obtenus des archives militaires : le rapport sur la disparition du bombardier B-17 et celui de l’évasion du sergent Fergusson qui sauta en parachute, tout comme sept autres membres de l’équipage. Un nom revient : « Monchy-Cayeux » – ou est-ce « Money-Cayeux » ? Monchy-Cayeux, dans le nord, près de Sains-les-Pernes, où le sergent Reginald Ferguson a dirigé son parachute, sous les balles allemandes. Quelques courriels envoyés comme autant de bouteilles à la mer ont permis de remonter la piste du réseau de résistance qui a exfiltré le sergent Ferguson vers Calonne-Ricouart, mais rien n’est revenu à propos de l’avion de George Wilson.

À quelques jours de son escale en France, le sergent Bornemeier ne sait où chercher. Il explore toutes les pistes, se perd dans les pages web en français évoquant Monchy-Cayeux, mais ne trouve rien ou si peu sur la guerre. L’insomniaque clique sur une vidéo : « L’AS Vallée de la Ternoise défile dans les rues de Monchy-Cayeux ». Apparaissent des jeunes Frenchies sur une remorque, buvant de la bière et jetant de la paille sur les gens. Rien à voir avec un crash de bombardier durant la guerre, mais le sergent rigole au milieu de la nuit marocaine. Le spectacle est filmé par un journal local : « Le Gobelin du Ternois ». Après tout, pourquoi ne pas essayer : « J’ai besoin de votre aide. Je suis de la famille d’un pilote de B-17 qui s’est écrasé le 8 juillet 1944 à Monchy-Cayeux. J’essaie de trouver le lieu d’impact et les restes du pilote. Je viens à Monchy-Cayeux ce week-end et j’ai besoin d’aide et d’informations. S’il vous plaît, passez le message. » Le sergent a suffisamment erré pour cette nuit. Dans trois heures, il se lèvera avec le soleil pour reprendre sa mission : établir un centre de formation aux secours d’urgence au Maroc. Erik sait retrouver les vivants, mais pour les morts, il s’en remet à la providence. Le Gobelin répondra à midi : « Bonjour ! Merci de partager votre histoire. Dites-moi tout afin que je puisse vous apporter la meilleure aide possible. Peut-être pourrons-nous nous rencontrer à Monchy-Cayeux. »

To be continued…

La page Facebook : Finding George.

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